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On était des loups

Sandrine Collette
(Edition JC Lattès / août 2022)


Prix Jean Giono 2022
Prix Renaudot des lycéens 2022.
C’est une certitude il fallait le lire !


Thriller / 17 janvier 2023


Un endroit loin de la ville, des hivers très rigoureux, on y vit de la chasse et de la culture. C’est là que l’homme vit avec sa femme Ava et son fils Aru. Il n’a pas voulu de cet enfant pour ne pas lui imposer ces conditions de vie si rude et le jour où Ava se fait tuer par un ours il se retrouve seul avec ce fils. Comment les liens entre eux vont-ils pouvoir se tisser ?

Sandrine Collette est née en 1970 à Paris.
Elle est diplômée : Baccalauréat littéraire, master en philosophie et doctorat en science politique.
Elle deviendra chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi temps comme consultante dans un bureau en ressources humaines et restaure également des maisons.
Elle écrira une fiction publiée en 2013 « Des noeuds d’acier » qui sera primé. Elle se consacrera alors à l’écriture, s’installera dans le Morvan où elle sera également conseillère municipale.

J’ai apprécié l’immersion sans filtre des ressentis de ce père qui se retrouve seul face à ce fils qu’il ne connait pas et dont il ne veux pas. Ce père complètement démuni car son propre père ne lui a pas transmit les codes pour être un « bon père ».
Il est prit en étau entre le deuil de sa femme qu’il aimait plus que tout et cet enfant qu’il considère comme une charge et qui vient perturbé son quotidien, ses habitudes.
Son introspection est parfois cinglante, difficile et dérangeante. Lors de certains passages j’ai eut du mal à supporter ce que Aru subissait silencieusement. Un livre qui bouscule, qui ne laisse pas indifférent !


Le lecteur assiste au cheminement de ce père qui souhaite accéder à une paternité authentique et consentie.

Les +

*L’amour qu’il éprouve pour sa femme Ava, très pur, très touchant. Sans elle il est perdu.

On s’aimait comme des fous et ça a aidé pour pas mal de choses.

*Le style d’écriture qui lui confère une originalité , avis aux amateurs de ce genre d’écriture surprenante.
Il n’y a aucun dialogue que de la narration.
Seul le personnage du père exprime ses pensées, toute l’écriture est à la première personne du singulier.

*Le personnage du père qui compose du mieux qu’il peut avec sa propre histoire familiale. Il convoque à la fois de l’empathie par moment et un profond rejet dans certaines de ses pensées.
Ce personnage suscite forcément une réaction chez le lecteur qui ne pourra que régir !

J’ai grandi à la trique et à l’alcool mais je ne veux pas en parler c’est du passé et ce passé-là aussi dès que j’ai pu je l’ai quitté, j’ai pris la direction des bois.

*La description de la nature rude et impitoyable.

Les –

*Monologue introspectif du père est parfois un peut tiré en longueur.

*Les questionnements sans filtre du père ont éveillé en moi de la colère par moment face à cet enfant qui subit les émotions de son père. Ce dernier le considère comme un adulte et attends de lui d’être responsable alors qu’il n’a que 5 ans !

On dit qu’il vaut mieux être à deux dans ce cas, moi je pense ça dépend qui est le deuxième parce qu’un môme comme le môme il peut que dalle pour toi et en plus une partie de ton énergie va servir à le protéger lui et sur ce coup tu auras tout perdu.

Pèlerinage vers la paternité

Note